

Matériaux, design, industrialisation, nouveaux usages : le salon illustre la capacité du packaging à se réinventer, sous l’effet conjoint des attentes marché et de l’évolution du cadre réglementaire européen.
La Paris Packaging Week 2026 s’impose comme un rendez-vous international pour les acteurs du packaging (marques, industriels, designers, fournisseurs de technologies). Dans un secteur où les cycles d’évolution sont rapides, le salon joue un rôle de lecture : il rend visibles les tendances, les arbitrages techniques, et les solutions qui passent du concept à l’industrialisation.
Le packaging fait partie de notre quotidien : il protège, informe, valorise, facilite l’usage, sécurise la logistique. Sa présence partout ne signifie pas qu’il soit figé — au contraire. Parce qu’il est à la croisée des chemins (usage, perception, contraintes industrielles, fin de vie), il est un terrain d’innovation dense, parfois discret, mais déterminant.
L’innovation est d’ailleurs au cœur des problématiques et des actions des entreprises présentes au salon. Et nous avons pu le constater directement en nous rendant sur place : derrière un étui, un flacon, un décor, une fermeture ou un matériau, on retrouve des choix d’ingénierie, d’éco-conception et d’industrialisation qui engagent la performance globale de la solution.
Cette dynamique s’inscrit dans un contexte européen en forte évolution, marqué notamment par le Packaging and Packaging Waste Regulation (PPWR). Dans les discussions comme dans les démonstrations, le PPWR apparaît comme un élément structurant : il pousse les acteurs à revisiter la conception, la lisibilité, la compatibilité avec les filières, et de plus en plus, les modèles d’usage.
Parmi les temps forts, l’édition 2026 introduit la Refill & Reuse Zone, un espace qui met en avant des innovations durables et des modèles circulaires basés sur la recharge et le réemploi. L’objectif : montrer des solutions concrètes capables de répondre aux nouvelles exigences européennes, tout en conservant des standards élevés en matière de qualité, d’expérience et d’image de marque.
Cette orientation est révélatrice d’une évolution majeure : le packaging se pense de moins en moins comme un simple “contenant”, et de plus en plus comme un système. Résistance au multi-usage, standardisation partielle, hygiène, logistique retour, information consommateur, intégration en point de vente : l’innovation se déplace vers la conception de parcours complets.
Au-delà du réemploi et de la recharge, le salon met en évidence l’ampleur des chantiers menés en parallèle : matériaux (substitution, contenu recyclé, performances), conception (réduction de matière, démontabilité, optimisation), technologies (contrôle qualité, automatisation, traçabilité), et industrialisation (cadences, robustesse, répétabilité). Les enjeux sont nombreux, et les entreprises innovantes sont là — avec des solutions qui cherchent à concilier performance, désirabilité et conformité.
Transformer une idée en solution packaging industrialisée suppose de prototyper, tester, qualifier, adapter des lignes, sécuriser des approvisionnements, parfois repenser un modèle de distribution ou de collecte. Ces étapes demandent du temps et des moyens. Pour soutenir ces trajectoires, des aides peuvent être mobilisées en région, au niveau national et au niveau européen, selon la nature des travaux (R&D, prototypage, industrialisation, transition environnementale, économie circulaire).
Dans un contexte où les exigences s’accélèrent, il est important d’accompagner les innovations de demain : non seulement pour répondre au cadre réglementaire, mais aussi pour renforcer la compétitivité et la capacité d’exécution des acteurs.
Paris Packaging Week 2026 illustre une filière en mouvement, où l’innovation devient un levier central pour concilier contraintes industrielles, attentes de marché et transition vers des modèles plus circulaires. Avec la Refill & Reuse Zone et le PPWR en toile de fond, le salon met en lumière une réalité : le packaging se réinvente à la fois dans ses matériaux, dans ses procédés, et dans ses usages.