


L’ADEME ouvre un nouvel appel à projets France 2030 consacré aux infrastructures de données et aux équipements numériques résilients et durables. Baptisé EcoIDEN, le dispositif vise moins l’émergence de nouvelles idées que leur passage à l’échelle : démonstrateurs avancés, lignes pilotes et projets d’industrialisation.
L’appel à projets est ouvert aux entreprises de toute taille, seules ou en collaboration avec d’autres entreprises, des organismes de recherche, des établissements publics ou des collectivités. Il couvre l’ensemble du territoire français et prévoit deux relèves : le 29 octobre 2026 et le 9 décembre 2027 à 15 heures.
Pour les porteurs de projet, le calendrier affiché ne suffit cependant pas. Une réunion de pré-dépôt avec l’ADEME est obligatoire au moins un mois avant le dépôt du dossier complet. Pour la première relève, cette étape doit donc être engagée au plus tard le 25 septembre 2026.
Le développement des centres de données, de l’intelligence artificielle et des usages numériques augmente les besoins en électricité, en eau et en équipements. Dans le même temps, la fabrication des matériels mobilise des matières premières dont l’extraction et l’approvisionnement soulèvent des questions environnementales et stratégiques.
EcoIDEN répond à cette double problématique. Le dispositif doit soutenir des solutions capables de réduire l’impact environnemental des infrastructures numériques, mais aussi d’allonger la durée d’utilisation des équipements et de structurer des capacités industrielles de réparation, de réemploi et de reconditionnement.
La logique du programme est clairement industrielle. Pour les démonstrateurs, l’objectif annoncé est un passage d’un niveau de maturité technologique TRL 5 à un TRL 7. La solution doit donc déjà avoir dépassé les premiers travaux de laboratoire et pouvoir être testée dans un environnement représentatif, avant une réplication à plus grande échelle.
Le premier axe concerne principalement les centres de données. Les projets peuvent porter sur le refroidissement liquide ou immersif, la récupération et la valorisation de la chaleur fatale, l’écoconception des centres de données, le pilotage des consommations, la maintenance prédictive des serveurs ou encore des solutions innovantes d’approvisionnement énergétique.
Les performances attendues sont concrètes. Pour les systèmes de refroidissement ou de valorisation de chaleur, le cahier des charges fixe notamment une consommation d’eau inférieure à 0,2 litre par kWh jusqu’à une température extérieure de 50 °C et une température d’entrée du fluide d’au moins 32 °C. Les projets consacrés à la chaleur fatale doivent viser la valorisation d’au moins 30 % de cette chaleur.
La résilience fait également partie de l’analyse. Le projet doit prendre en compte les vulnérabilités du site d’implantation et l’évolution du climat à l’horizon 2050 : disponibilité de l’eau, épisodes de chaleur, catastrophes climatiques ou continuité de l’alimentation électrique.
Le second axe porte sur l’ensemble du cycle de vie des équipements. Il couvre l’écoconception de matériels plus robustes, modulaires, évolutifs, démontables et réparables, y compris dans leur composante logicielle.
L’ADEME attend également des projets capables de massifier la réparation, le réemploi et le reconditionnement. Cela peut passer par l’automatisation du diagnostic, de la réparation au niveau du composant, du reconditionnement ou du traitement des équipements en fin de vie.
Les projets de relocalisation peuvent aussi entrer dans le dispositif, à condition de concerner des équipements durables et de démontrer que l’écoconception constitue un véritable facteur de différenciation par rapport aux solutions déjà disponibles.
Le coût total du projet doit atteindre au moins 2 millions d’euros. Ce seuil est abaissé à 500 000 euros pour les projets non économiques de production de biens communs et pour ceux impliquant des acteurs de l’économie sociale et solidaire. Le coût maximal est fixé à 5 millions d’euros, sauf justification particulière, pour une durée indicative maximale de trois ans.
Dans un consortium, jusqu’à cinq partenaires demandeurs d’aide peuvent généralement être associés. Chaque partenaire économique doit toutefois porter une demande d’aide minimale : 150 000 euros pour une PME et 200 000 euros pour une grande entreprise.
L’aide peut combiner subventions et avances remboursables. Son niveau dépend de la nature des travaux, de la taille de l’entreprise, de la localisation du projet et, le cas échéant, du caractère effectif de la collaboration. À titre indicatif, les taux maximaux prévus peuvent atteindre 80 % pour certaines dépenses de recherche industrielle d’une petite entreprise, 60 % pour certains travaux de développement expérimental collaboratif et 60 % pour les investissements d’une petite entreprise liés à la protection de l’environnement. Le taux effectivement retenu est déterminé pendant l’instruction.
Un projet ne sera pas sélectionné uniquement parce qu’il relève du numérique responsable. Le dossier doit comparer la solution proposée à une situation de référence et quantifier les améliorations attendues.
Une analyse environnementale de niveau 1 selon la méthode Empreinte Projet de l’ADEME doit être fournie au dépôt. Une analyse de niveau 3, correspondant à une analyse du cycle de vie simplifiée, sera ensuite demandée pendant le suivi du projet. Les impacts environnementaux, les emplois et le chiffre d’affaires devront également être projetés sur les cinq années suivant la fin du projet.
À ces éléments s’ajoutent la qualité du montage, le plan de financement, la pertinence du consortium, le caractère innovant, la réplicabilité de la solution, le modèle économique et les retombées industrielles pour le territoire français.
Il doit concerner soit des infrastructures de données plus efficaces et résilientes, soit l’économie circulaire appliquée aux équipements numériques. Une solution numérique utilisée au service de la transition écologique, mais sans effet direct sur les infrastructures ou les équipements numériques, ne correspond pas nécessairement au périmètre.
EcoIDEN cible un démonstrateur avancé, une ligne pilote ou un investissement d’industrialisation. Pour un démonstrateur, la trajectoire attendue va du TRL 5 au TRL 7. Un projet encore au stade de la recherche exploratoire ou, à l’inverse, limité au déploiement d’une solution standard, risque d’être insuffisamment aligné.
Les bénéfices doivent être comparés à une solution de référence et traduits en indicateurs vérifiables : consommation d’électricité ou d’eau, chaleur valorisée, durée de vie prolongée, équipements réparés ou reconditionnés, matières premières évitées. L’analyse environnementale n’est pas un complément du dossier : elle participe directement à la qualification du projet.
Le budget doit généralement atteindre 2 millions d’euros et l’entreprise doit pouvoir financer la part non couverte par l’aide. La demande complète doit en outre être déposée avant le début des travaux, c’est-à-dire avant tout engagement juridiquement contraignant rendant l’investissement irréversible. Enfin, le pré-dépôt auprès de l’ADEME doit être organisé au moins un mois avant la relève visée.
Ces quatre réponses permettent d’effectuer une première qualification, mais elles ne remplacent pas l’analyse du cahier des charges, des dépenses et du régime d’aide applicable à chaque partenaire.
FV Conseil Innovation accompagne les entreprises dans l’analyse de leur éligibilité, la structuration du projet et du consortium, la construction du plan de financement, la quantification des impacts et la rédaction du dossier de candidature.
Le pré-dépôt obligatoire rend utile une préparation en amont : le projet doit déjà être suffisamment structuré pour permettre à l’ADEME d’en apprécier l’adéquation avec le dispositif et son caractère transformant.
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Sources : fiche officielle ADEME EcoIDEN et cahier des charges de l’appel à projets.