

Financement des projets de R&D pour les terres rares en France
Le Gouvernement a présenté un plan national de résilience consacré aux terres rares et aux aimants permanents, avec un objectif clair : renforcer la souveraineté industrielle française et européenne sur une chaîne de valeur devenue stratégique.
Dans ce cadre, plusieurs annonces peuvent concerner directement les entreprises industrielles, les équipementiers, les acteurs de la mobilité, du recyclage, des matériaux avancés ou encore les sociétés développant des composants alternatifs. Parmi les mesures à retenir : la prolongation de l’appel à projets « Métaux critiques » dans le cadre de France 2030, afin de soutenir une dizaine de nouveaux projets industriels d’ici 2027.
Le plan prévoit également un axe dédié dans les futurs appels à projets CORAM, pour encourager l’innovation et le développement en France de composants automobiles sans terres rares, notamment sans terres rares lourdes.
Les terres rares désignent un ensemble de métaux aux propriétés magnétiques et électroniques particulièrement recherchées. Elles sont utilisées dans de nombreux équipements stratégiques : moteurs électriques, éoliennes, composants électroniques, équipements médicaux ou encore systèmes industriels de haute performance.
Les aimants permanents, souvent fabriqués à partir de terres rares, jouent un rôle central dans l’électrification de l’économie. Ils permettent de produire des moteurs compacts, efficaces et performants, notamment dans les véhicules électriques et les énergies renouvelables.
Cette dépendance technologique s’accompagne toutefois d’une forte concentration des capacités industrielles mondiales. Selon les données communiquées par le Gouvernement, plus de 85 % des capacités mondiales de séparation des terres rares sont aujourd’hui concentrées dans un seul pays. Cette situation expose les filières européennes à des risques de tension sur les approvisionnements, de restrictions à l’exportation ou de volatilité des prix.
Le plan national de résilience « Terres rares et aimants permanents » vise donc à répondre à un double enjeu : sécuriser les approvisionnements et reconstruire progressivement une chaîne de valeur industrielle en France et en Europe.

L’une des annonces importantes concerne la prolongation de l’appel à projets « Métaux critiques » de France 2030. Cette prolongation doit permettre de soutenir une dizaine de projets industriels supplémentaires d’ici 2027.
Ce dispositif s’inscrit dans la continuité des actions déjà engagées pour accompagner la structuration de filières industrielles autour de matières premières stratégiques. France 2030 a déjà permis de soutenir près de 40 projets sur les métaux critiques, pour environ 330 millions d’euros d’aides publiques.
Pour les entreprises concernées, cette prolongation peut représenter une opportunité de financement importante. Elle peut notamment concerner des projets liés à la séparation, au raffinage, au recyclage, à la transformation de métaux critiques, à la fabrication d’alliages, à la production d’aimants permanents ou au développement de procédés industriels permettant de réduire les dépendances existantes.
Au-delà de la seule dimension technologique, les dossiers devront probablement démontrer une contribution réelle à la structuration d’une chaîne de valeur industrielle. Les financeurs publics seront attentifs à la capacité du projet à générer des retombées économiques, industrielles et environnementales, ainsi qu’à son impact sur la souveraineté des approvisionnements.
Le plan national prévoit également un soutien spécifique à l’innovation dans l’automobile, via un axe dédié dans les futurs appels à projets CORAM. L’objectif est d’encourager le développement en France de composants automobiles sans terres rares, notamment sans terres rares lourdes.

Cette orientation est particulièrement importante pour la filière automobile. L’électrification des véhicules renforce les besoins en composants performants, tout en accentuant la dépendance à certaines matières premières critiques. Développer des alternatives crédibles aux composants intégrant des terres rares peut donc devenir un avantage industriel, économique et stratégique.
Les projets concernés pourront porter sur de nouvelles architectures de moteurs, des composants alternatifs, des procédés de fabrication innovants, des solutions de substitution, ou encore des technologies permettant de réduire l’usage des terres rares tout en maintenant les performances attendues par le marché automobile.
Pour les entreprises de la mobilité, les équipementiers et les acteurs industriels positionnés sur les chaînes de traction électrique, cet axe CORAM peut ouvrir des perspectives intéressantes de financement, à condition de structurer un projet suffisamment solide sur le plan technique, industriel et économique.
Les annonces du Gouvernement ne s’adressent pas uniquement aux grands groupes industriels. Elles peuvent également concerner des PME, des ETI, des startups industrielles ou des acteurs technologiques capables d’apporter une brique différenciante à la chaîne de valeur.
Plusieurs typologies d’entreprises peuvent être concernées :
L’enjeu sera de démontrer que le projet ne relève pas seulement d’un investissement industriel classique, mais qu’il apporte une réponse structurante à une problématique de souveraineté, de transition énergétique, de résilience industrielle ou de réduction de dépendance aux ressources critiques.
Les appels à projets France 2030 et CORAM sont sélectifs. Un dossier ne peut pas se limiter à une présentation générale du projet ou à une description commerciale de la solution. Il doit démontrer précisément la qualité du projet, sa maturité, son impact et sa cohérence avec les objectifs du dispositif.
Dans le cadre d’un projet lié aux métaux critiques, aux terres rares ou aux composants automobiles alternatifs, plusieurs points doivent être particulièrement travaillés.
Le dossier doit expliquer les difficultés techniques à résoudre : contraintes de performance, stabilité des matériaux, rendement du procédé, montée en échelle, reproductibilité industrielle, qualité des composants obtenus, réduction de l’usage de matières critiques ou intégration dans une chaîne de production existante.
Les financeurs attendront une démonstration claire de l’impact du projet sur la résilience de la chaîne de valeur. Il faudra expliquer en quoi le projet permet de réduire une dépendance, de sécuriser un approvisionnement, de relocaliser une étape industrielle ou de développer une capacité aujourd’hui insuffisante en France ou en Europe.
Un projet soutenu par France 2030 doit pouvoir s’inscrire dans une perspective de développement industriel. Le dossier devra donc présenter une trajectoire réaliste : étapes de développement, investissements nécessaires, partenariats, ressources internes, accès au marché, capacité de production et calendrier de déploiement.
Les projets positionnés sur les métaux critiques et les terres rares devront également mettre en avant leurs retombées : emplois créés ou maintenus, investissements industriels, chiffre d’affaires prévisionnel, réduction de l’empreinte environnementale, contribution à l’économie circulaire ou amélioration de la performance matière.
La prolongation de l’appel à projets « Métaux critiques » et l’intégration d’un axe dédié aux composants automobiles sans terres rares dans les futurs appels à projets CORAM confirment l’importance croissante des sujets de souveraineté industrielle, de résilience des approvisionnements et de transition énergétique.
Pour les entreprises industrielles, ces dispositifs peuvent représenter de réelles opportunités de financement. Mais leur mobilisation suppose une analyse fine de l’éligibilité du projet, du niveau de maturité attendu, des dépenses mobilisables et des arguments à mettre en avant.
Chez FV Conseil Innovation, nous accompagnons les startups, PME et entreprises industrielles dans l’identification des dispositifs de financement adaptés à leurs projets de R&D et d’innovation. Nous intervenons également dans la structuration des dossiers, la formalisation des verrous technologiques, la mise en cohérence du plan de financement et la préparation des éléments attendus par les financeurs publics.
Vous développez un projet industriel lié aux métaux critiques, aux terres rares, aux aimants permanents, au recyclage, aux matériaux avancés ou à la mobilité électrique ? Nous identifions les dispositifs mobilisables et structurons une trajectoire de financement adaptée à votre projet.